ANAGRUZ

Artiste Plasticien

ANAGRUZ

Peintre amateur autodidacte, mon médium le plus courant est l’acrylique, que ce soit au pinceau ou au couteau. Ma démarche artistique s’inscrit en majeure partie dans un travail d’introspection.

L'animal symbolise dans mes tableaux l'individu inconnu, voire mal connu. Si proche de nous, si ressemblant, l'animal nous est pourtant invariablement inaccessible, car nous, en tant qu'êtres profondément anthropomorphiques, ne pouvons entendre leur communication autrement que depuis notre propre langage. Projeter ses propres filtres sur la communication de l'autre, c'est se couper de ce qui est au plus profond de lui et se condamner à une pauvreté dans l'accompagnement de cet autre.

Ainsi face à l'autre, un choix est offert. Il est possible de se contenter du message le plus accessible mais le plus pauvre: l'apparence brute.  Il est possible également de laisser cette apparence se craqueler pour laisser place à une apparence plus subjective, teintée par nos nuances personnelles et filtres intérieurs. Ce type de regard nous en apprend plus sur nous-même car l'autre devient une projection de notre être, mais reste limitée dans son ouverture aux autres. Enfin, il est possible de s'affranchir des apparences, objectives ou subjectives, pour s'ouvrir à l'âme de l'autre. Cette possibilité la plus riche nous fait traverser les superpositions d'apparences, et nous ouvre à l'âme, dans sa force et sa richesse, sans limites de forme et de couleur.

L'accélération des transmissions d'information a entraîné une édulcoration des messages échangés. On s'habitue au "en gros", à "l'essentiel", mais contradictoirement l'essence des choses est manquée car on se prive de plus en plus de la nuance. Cette tendance déteint sur les rapports sociaux, où l'apparence immédiate prend le pas sur les personnalités, rangeant chaque être dans des cases continuellement plus restreintes et raccourcies. Les Multiples dépeignent l'effacement de l'individu unique face à la masse: l'oeuvre dans son ensemble ne laisse voir à l'abord que les taches, ou rayures, comme autant de codes sociaux que tous les éléments d'une communauté arborent par souci de conformisme et d'intégration, mais une approche plus curieuse et plus patiente laissera ressortir les individus, leurs particularités respectives et surtout l'antagonisme entre l'unicité de l'individu et son anonymisation dans le groupe.

L'animal rappelle la patience, et surtout la vérité, car il ne ment pas: il exprime sans cacher sa vérité sur ses rapports aux autres êtres, sur ses rapports avec ses semblables et enfin sur lui-même.

Retrouvez-moi aussi sur mon site : http://anaisgruson.wixsite.com/anagruz